Alors que le club serait en cessation de paiement selon Haute Provence Infos, sa présidente évoque une rupture au sein du groupe Adonis pour expliquer la situation. Un ancien directeur conteste les faits avancés. Retour sur un dossier qui dure depuis trois ans.
Un golf sous perfusion depuis le début
Le Golf Resort de Digne-les-Bains, propriété de la commune, coûtait chaque année plus de 200 000 euros à la collectivité avant sa reprise fin 2023. Pour s’en défaire, la municipalité avait signé un bail à construction de 45 ans avec le groupe varois Adonis, qui promettait plus de 3,3 millions d’euros d’investissement. Le projet avait toutefois été retardé plusieurs mois par un recours du groupe d’opposition Terre Dignoise devant le tribunal administratif de Marseille, laissant les salariés sans salaire durant l’imbroglio judiciaire, avant que les recours ne soient finalement rejetés.
La présidente évoque une rupture au sommet du groupe
Dans un communiqué diffusé publiquement, Laëtitia Cinquini Bataillé, directrice générale des sociétés liées à Adonis, annonce une scission stratégique. Selon elle, le groupe aurait cessé de la soutenir financièrement, à la suite d’une divergence avec Pascal Bataillé, président du groupe, qui réorienterait désormais ses investissements vers d’autres projets, dont un hôtel baptisé « Symon(e) by Adonis ». Elle affirme poursuivre seule, depuis 2025, les efforts pour maintenir l’activité du golf, tout en évoquant des « décisions importantes » et des « restructurations à venir ». Elle assure toutefois que l’établissement continue d’accueillir sa clientèle.
Un ancien directeur conteste les compétences de la présidente
Réagissant à ce communiqué, Marc Cano, qui se présente comme un ancien directeur du Golf Resort, conteste l’idée d’une responsabilité unique du groupe Adonis, affirmant que celui-ci aurait au contraire apporté un soutien financier important à l’exploitation. Il évoque des propositions de gestion qu’il dit avoir formulées sans qu’elles soient suivies, ainsi qu’une gouvernance qu’il juge très centralisée. Il salue par ailleurs le travail de décoration mené par la direction, tout en estimant qu’une structure aussi complexe qu’un golf-hôtel-restaurant demande une expertise de gestion approfondie. Il conclut en exprimant son inquiétude pour les salariés et les abonnés.
Activité maintenue ou cessation de paiement : une contradiction qui interroge
Le communiqué de la présidente affirme que le golf « poursuit son activité », alors que l’établissement serait, selon la presse locale, en cessation de paiement, une procédure qui place l’entreprise sous la supervision du tribunal de commerce, sans nécessairement entraîner un arrêt immédiat de l’exploitation. Le type exact de procédure (sauvegarde, redressement ou liquidation judiciaire) et ses conséquences concrètes sur l’activité n’ont pas été précisés à ce stade.



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