Le 27 septembre 2026, les Bas-Alpins renouvelleront leur unique siège de sénateur. Contrairement aux municipales ou aux législatives, ce scrutin ne se joue pas dans les bureaux de vote habituels : ce sont environ 900 grands électeurs, et non l’ensemble des électeurs, qui départageront les candidats. Digne en Direct vous rappelle ce qu’est le Sénat, comment on l’élit, et qui se présente pour le seul poste de sénateur de notre département.

À quoi sert le Sénat ?

Avec l’Assemblée nationale, le Sénat forme le Parlement français. Sa mission, définie par la Constitution, est de représenter les collectivités territoriales, c’est-à-dire les communes, les départements et les régions. Concrètement, son rôle se décline en trois axes.

D’abord, voter la loi. Aucun texte ne peut être définitivement adopté sans être examiné par les deux chambres. Le Sénat y apporte sa connaissance des réalités locales, notamment sur les sujets qui touchent les territoires ruraux et de montagne comme le nôtre.vEnsuite, contrôler l’action du gouvernement et évaluer les politiques publiques, notamment à travers l’examen du budget de l’État et de la Sécurité sociale. Enfin, assurer la continuité de l’État. En cas d’empêchement ou de décès du président de la République, c’est le président du Sénat qui assure l’intérim à la tête du pays.

Qui vote, et pourquoi pas vous ?

Le Sénat est élu au suffrage universel indirect. Cela signifie que les citoyens ne votent pas directement pour leur sénateur : ce sont des grands électeurs, désignés par les collectivités, qui votent en leur nom.

Cette organisation remonte aux débuts de la Troisième République et a longtemps été incarnée par la figure du sénateur-maire, un élu local qui cumulait son mandat parlementaire avec la direction d’une commune, ce qui ancrait très fortement le Sénat dans le tissu local. Cette pratique a pris fin avec la loi de 2014 sur le non-cumul des mandats, qui interdit désormais à tout sénateur ou député d’exercer une fonction exécutive locale comme celle de maire. Le département a d’ailleurs connu plusieurs figures sénatoriales marquantes. On peut notamment citer André Honnorat, sénateur des Basses-Alpes de 1921 à 1945 et ancien ministre de l’Instruction publique, resté célèbre pour avoir fondé la Cité internationale universitaire de Paris, qui accueille encore aujourd’hui des milliers d’étudiants du monde entier.

Aujourd’hui, dans les Alpes-de-Haute-Provence, ce collège électoral compte un peu moins de 900 personnes, déjà élues par ailleurs. Il se compose de délégués des conseils municipaux, qui représentent à eux seuls environ 95% du collège, ainsi que des conseillers départementaux, des conseillers régionaux élus dans le département et des deux députés bas-alpins.

Un mandat qui pèse sur votre quotidien

Ce scrutin, bien qu’indirect, a des conséquences très concrètes sur le quotidien des habitants du bassin dignois. Le sénateur sortant, Jean-Yves Roux, ancien maire du Brusquet, illustre bien ce lien entre travail parlementaire et réalités locales. Membre de la commission de l’aménagement du territoire, il a notamment été vice-président d’une mission sénatoriale consacrée à la loi Montagne, un texte qui encadre l’urbanisme et le développement économique dans les zones comme les nôtres, et rapporteur de travaux sur l’adaptation des territoires de montagne au changement climatique. Il s’est également impliqué sur les zones de revitalisation rurale (ZRR), un dispositif qui permet à des communes de conserver des commerces ou d’attirer des professionnels de santé grâce à des avantages fiscaux.

Ce sont des dossiers techniques, peu médiatisés, mais qui pèsent directement sur l’installation d’un médecin, le maintien d’un commerce ou le montant des dotations versées aux communes rurales du département.

Cinq candidats pour un siège

Jean-Yves Roux (RDSE, Rassemblement démocratique et social européen), sénateur sortant depuis 2014, brigue un nouveau mandat. Il s’appuie sur un réseau étendu auprès des maires du département, construit au fil de ses mandats.

Stéphanie Colombero (divers droite), conseillère municipale de Pierrevert et vice-présidente du Conseil départemental, siège aux côtés de la présidente du Département, Éliane Barreille, et serait proche, selon plusieurs relais locaux, du maire de Manosque, Camille Galtier.

Fabrice Durnerin, conseiller municipal d’opposition à Manosque, est investi par l’alliance entre l’Union des droites pour la République (UDR) et le Rassemblement national. Il avait été le suppléant de la députée Sophie Vaginay-Ricourt lors des élections législatives de 2024.

Stéphane Durbec, conseiller municipal de Céreste et conseiller régional honoraire de Provence-Alpes-Côte d’Azur, se présente sans étiquette partisane, sur une ligne de droite conservatrice, en mettant l’accent sur l’accès aux soins et la lutte contre les incendies en zone rurale.

À gauche, des discussions sont en cours entre le Parti socialiste, le Parti communiste et les Écologistes pour déterminer si une candidature commune sera présentée, ou si ces formations soutiendront le sénateur sortant.

Un scrutin discret

Même si les Dignois ne prendront pas part directement au vote du 27 septembre, son issue déterminera qui portera, pendant six ans, la voix des Alpes-de-Haute-Provence sur des sujets qui touchent concrètement la vie quotidienne du département : ruralité, montagne, santé, aménagement du territoire.

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