Un projet de loi actuellement examiné à l’Assemblée nationale pourrait assouplir l’obligation d’aménagements cyclables sécurisés lors des travaux de voirie. L’association locale Digne à Vélo, qui milite depuis plus de vingt ans pour des déplacements à bicyclette sûrs dans la cité, suit ce dossier de près. Décryptage d’un texte national aux conséquences bien concrètes pour les habitants de P2A.
Depuis 1996, la loi impose que toute création ou rénovation de voirie en agglomération intègre des aménagements cyclables. Ce principe, renforcé en 2019, a permis de doubler le réseau de voies cyclables en France en dix ans. C’est ce cadre que le projet de loi cadre sur les transports, en discussion cet été, entend faire évoluer.
Ce que change le texte
Le projet prévoit de renvoyer au niveau réglementaire, donc plus facilement modifiable, la liste des aménagements considérés comme cyclables. Il ouvrirait aussi la porte à des dispositifs jugés moins protecteurs, ainsi qu’à des dérogations élargies pour les collectivités. Plusieurs associations nationales de cyclistes ont interpellé les député·es fin juin pour demander le maintien du cadre actuel, estimant que la sécurité des usagers les plus vulnérables ne doit pas dépendre d’une simple case à cocher administrative.
Ce que cela signifie à Digne
À l’échelle dignoise, l’association Digne à Vélo revendique près de 290 adhérents et milite depuis sa création, en 2004, (réactivée en 2021) pour des pistes cyclables sécurisées, un meilleur marquage au sol et des stationnements vélo adaptés. L’association dialogue régulièrement avec la municipalité et Provence Alpes Agglomération sur les aménagements cyclables du territoire.
Si la loi venait à assouplir l’obligation nationale, cela ne changerait rien à la volonté de l’association, mais cela retirerait un levier juridique dont elle associations se sert aujourd’hui pour exiger des aménagements lors de chaque chantier de voirie. Ainsi, ce qui relevait d’une obligation légale pourrait redevenir affaire de bonne volonté municipale, projet par projet.
Une question de méthode, pas d’opinion
Ce débat ne relève pas d’un clivage gauche-droite classique : il interroge la capacité des collectivités rurales et de taille moyenne, comme P2A, à financer et prioriser des infrastructures cyclables sans y être contraintes par la loi. Un enjeu que les Dignois pratiquant le vélo au quotidien, notamment pour se rendre au travail ou déposer leurs enfants à l’école, suivront avec attention dans les prochaines semaines.
L’issue de ce texte au Parlement déterminera si les futurs réaménagements de voirie à Digne-les-Bains resteront soumis à une obligation claire, ou à la seule appréciation locale.
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