Depuis le début de l’année, la préfecture des Alpes-de-Haute-Provence recense 10 morts, 116 accidents corporels et 158 blessés sur les routes du département. Un bilan provisoire arrêté au 31 juillet, qui rappelle que les routes de montagne et de campagne restent particulièrement exposées, alors que le département accueille chaque été un trafic touristique accru.
Une moyenne d’un décès toutes les trois semaines
Dix vies perdues en sept mois, cela représente en moyenne un décès toutes les trois semaines sur les routes du 04. La préfecture, via sa campagne « Vivre Ensemble », rappelle les fondamentaux : vitesse, alcool, stupéfiants, distraction, ceinture. Des messages connus, mais que la répétition des drames impose de marteler.
Le service communication de l’État précise que ce bilan n’est pas consolidé, les chiffres définitifs de 2026 pouvant encore évoluer d’ici la fin de l’année. Pour mémoire, le département avait déploré 27 morts sur l’ensemble de l’année 2025, un chiffre qui avait déjà marqué les esprits.
La spécificité des routes alpines
Dans un département rural et montagneux comme les Alpes-de-Haute-Provence, la route reste souvent le seul moyen de déplacement. Virages en lacets, cols, dénivelés, croisements avec des poids lourds ou des convois agricoles : le réseau routier local cumule les difficultés que ne connaissent pas les grandes métropoles.
À cela s’ajoute une saisonnalité marquée. L’été, la population du département explose avec l’afflux touristique, sur des axes qui n’ont pas toujours été dimensionnés pour ce trafic supplémentaire. Une réalité que les campagnes de prévention nationales peinent parfois à intégrer dans leur message, pourtant identique partout en France.
La prévention, nécessaire mais pas suffisante
Rappeler les bons réflexes est utile, personne ne le conteste. Mais la question posée en creux par ces chiffres qui ne baissent pas dépasse la seule responsabilité individuelle des conducteurs. État des chaussées, aménagement des points noirs identifiés de longue date, présence effective des forces de l’ordre sur les axes accidentogènes : ces leviers relèvent aussi de la puissance publique, et méritent d’être objectivés au même titre que les comportements au volant.
Derrière chaque statistique, il y a une famille, un village, une communauté qui pleure. Ce rappel de la préfecture a le mérite d’exister. Reste à savoir si, en fin d’année, le bilan 2026 marquera enfin un recul par rapport aux années précédentes, ou si le département continuera de payer un tribut disproportionné à sa géographie.



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